Samira Sofi
Samira Sofi
les clés du possible samira sofi
les clés du possible                                                                                                                                               samira sofi

L'alignement à la joie

Le monde est un théâtre. J’étais alors dans les rangs de l’enfance quand la nouvelle m'est venue. Chacun a un rôle. Mon regard me montrait la cellule familiale. D’abord les parents et les enfants, puis viennent les personnages périphériques. Chacun porte son costume, son caractère et ses répliques. Parmi les enfants, lorsque des rôles sont occupés, si par exemple, le rôle de la belle ou de la gentille sont déjà pris, pour le nouveau personnage, il convient d’en trouver un autre. Dans une pièce de théâtre, c’est ainsi que la pièce se fabrique.

 

Et c’est aussi comme cela que toute sa vie, si on oublie de retirer l’habit, on demeure longtemps dans la peau et les chaussures de l’acteur. Et cela peut faire mal. Imaginez, garder en quelque sorte les chaussons de l’enfant alors que vous êtes devenus grands.

 

Oui le théâtre, la scène, c’est tout cela qu’enfant j’aimais et j’admirais. Naïve, il me semblait que je pouvais me diriger vers ce terrain de jeu où j’excellais. Faire ce que j’aimais faire. Etre là où mon cœur me disait d’aller, c’était si évident et bien naturel. Jusqu’au jour où l’autorité suprême mis son véto et m’interdit formellement l’accès. Mon père venait mettre fin à l’aventure de mon cœur. J’ai tenté de feinter le soir et de me rendre en cachette aux répétitions mais le stratagème fut découvert. Mon cœur se brisait. J’étais désarmée. Il était question de cesser de croire aux chimères, que les affaires de saltimbanques n’avaient aucune chance de voir le jour. Ce qui avait la plus haute valeur, travailler avec le corps et tout l’être, était d’un coup, réduit au néant. Ainsi la société dans la tête de mon père, voulait des gens intelligents, des gens diplômés, un statut pour un bureau attitré. J’ai obéi. J’ai grincé des dents, j’ai pleuré. J’ai obéi. J’en voulais énormément à ce vilain tour de l’existence. Me voilà à devoir travailler avec raison et à voir la vie avec sérieux. La vision d’une vie illogique. Laisser tomber la scène et le corps, revenait à laisser tomber ma vie. La maladie d’amour déchu a pris naissance en moi à cet instant précis. Le doute, le manque de confiance m’ont conduit sur des territoires inconnues. J’ai vogué loin de moi jusqu’à ne plus savoir qui je suis.

 

C’est aussi ici que j’ai nourri une névrose à la fois pour et contre l’intelligence et l’esprit. Que d’effort à faire naître quand tout vous dit de partir et d’en finir avec le faux pour revenir à qui vous êtes.

 

Après la majorité, j’aurai pu changer de voie et réaliser ce qui m’animait vraiment mais je n’ai jamais pu. Une confusion mentale avait emprise sur moi. Une sorte de loyauté se mêlait à une colère de l’obéissante que j’étais devenue. Tout s’agitait, s’agglutinait contre moi. J’étais partie sur la voie du commerce, une voie dépourvue de fortune.

 

J’ai longtemps erré dans une vie factice. Je trouvais le monde faux. Quand on est loin de sa vérité, tout est difficile. La joie qui m’habitait m’a sauvée de bien des naufrages. Les sociétés qui m’ont accueillie, heureusement avaient leur lot de magie. Et les gens avec lesquels j’ai travaillée, choisis avec minutie, sont des êtres formidables, certains sont devenus de bons amis. Les boites m’ont appris cela des rencontres humaines, du partage. Et une vie étrange qui s’écoule aux heures dit de bureaux. Cela dit, je n’ai jamais pu m’y faire à ce diktat 9h-18h. Non jamais je n’ai su. Ca me rendait folle. Et ces périodes creuses où le travail n’existe pas, c’est idiot de rester là dans le vide. Cela me rappelait l’école, à certaines périodes devoir venir remplir la feuille de présence de l’année.

 

A partir de 33 ans, quand j’ai quitté la prometteuse carrière, le fameux groupe Cegos, le Drh avec lequel j’étais proche, s’était inquiété de me voir partir. Je lui ai dit « Georges ne me dit rien, ne me juge pas, laisse moi choisir, c’est vital ». Je faisais de fortes chutes de tensions et quand le médecin un jour m’a dit « votre mal, c’est que vous êtes stressée, c’est votre travail », mon esprit a percuté et j’ai alors agi. De là, j’ai entamé une transaction. L'amour revenait dans ma vie, le théâtre, le chemin de mon coeur et des études de psychologie. Comme si je voulais comprendre ce qui m’était arrivée.

 

A vouloir jeter la responsabilité sur autrui, c’est soi que nous privons d'exprimer, ce qui fait le goût de sa vie. Un parent fait ce qu’il peut, il fait de son mieux. Il ne sert à rien de juger. Et le sort de quelqu’un n’est jamais foutu. A tout moment de notre vie, l’occasion est donnée pour se réajuster. J’ai beaucoup de patience avec les personnes qui se cherchent, qui se sentent perdues. J’ai de la bienveillance pour ceux, qui à un moment donné, ont perdu de vue le chemin initial. J'ai de l'empathie pour et vers le cœur. Ils portent en eux une tristesse incommensurable. C’est leur âme qui désespère de ne pas se révéler. L’âme purifiée qui veut se réaliser. Certains sont plaintifs et jouent à la victime. Vous savez que dans un film, tout se joue autour de ce rôle. La victime est capitale, sans elle pas de drame. Puis près d’elle, les supers beaux rôles, celui du sauveur et évidemment le méchant, son persécuteur.  Personnellement, j’ai longtemps occupé ce poste aussi je comprends ceux qui gardent le confort du fauteuil. La vie est épuisante quand il s’agit de nourrir ce faux semblant. Combien le mal ronge les cellules et notre vitalité lorsque nous agissons contre nous-mêmes, à nager à contre-courant. Ce tigre est si vorace.

 

Je vois tant de gens souffrir pour rien. Cette souffrance qui vient probablement de ce passé contrarié et lointain. Et derrière la victime, le héros souvent n’attend qu’un appel pour franchir la barrière. Derrière bien des contrariétés ou fatigue endurante se cachent certainement un désir qui veut se réaliser. Ce qui est de l’ordre naturel, provenant de notre source originelle veut libérer l’énergie bloquée. Le système qui se dérègle, le mal est très souvent un signal qui attend l’équilibrage de nos actions dans la matière.

 

Pénétrez en vous, écoutez le silence, plus il s’approfondit et plus vous êtes proche de votre être supérieur. Le temps de pause est utile. Le non agir pour découvrir ce que vous voulez vraiment, ce que vous êtes venus expérimenter dans cet univers, la terre. Quand vous mettez les mots, les paroles justes dictent alors un plan sur mesure. Vous êtes responsable et libre de vous mettre en route pour aimer le parfum de la vie. Personne ne peut faire le travail à votre place, reprenez vos droits d’auteur, respirez, ressentez, agissez. Le sens, c'est vous.

 

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Samira SOFI Psychologue spirituelle