Samira Sofi
Samira Sofi
Infini soi samira sofi
Infini soi                                                                                                                                               samira sofi

L'amour, l'essence de soi

Moi vous savez, j’aime les gens, je veux dire être. C’est une de mes passions. J’ai saisi cela, tout petit enfant. Mes yeux voyaient ces géants qui me fascinaient. C’est fascinant d’être la haut. Comme cela doit être beau et sans vertige. Mon objectif principal qui a construit un palais autour de mon coeur me disait de réussir à être. Je veux dire tendre vers le haut. Se diriger droit dans sa verticale, le ciel. Là ou résidait mon idéal. Finalement c’est en total accord avec les lois de la nature, la fleur pousse vers le soleil. Puis elle s’exécute et répand le parfum, le rôle qui lui est attribué au centre de son ADN. Pour l’homme ça se complique avec ce qu’il fait de son intelligence, une pure aberration de l’esprit supérieur, collé hélas très souvent terre à terre, à même le plancher. Surtout lorsqu’il est bardé de diplômes et de savoirs, j’en sais quelque chose. Mes diplômes exit, mes connaissances, dorénavant tombent du ciel. Si j’étais Dieu, en voyant les hommes être, je serai scandalisée. Il faut beaucoup d’amour pour un créateur pour supporter folie et arrogance dont se parent effrontément ses productions. Tel Pinocchio, il se croit vraiment être lui. Oui si j’étais Dieu, ou même le ciel que beaucoup ignore, je pourrai tour à tour être peinée, gênée, mais peut être bien qu’en réalité de tout cela, j’en rirais. Car que fait quelqu’un qui aime, il aime tout simplement. Aimer ne juge pas. Pendant ce temps, l’homme joue à faire le grand. Il n’est grand que par l’âge avançant. Il y a beaucoup d’enfants sur terre, beaucoup en désérance, en manque total de conscience. Et cela passe de génération en génération. L’échec poursuit l’échec d’une vie laborieuse. La vie, c’est un grand terrain de jeu.

 

Avant de voir les lois humaines, à l’école nous devrions apprendre à regarder le ciel. Les lois de l’univers devraient être notre obsession. Oui sans doute j’exagère, mais tout de même. Le trésor est là. La caverne d’Alibaba, c’est là.  Enfant au Maroc, nous regardions beaucoup le ciel. Nous suivions aussi les tendances de la lune. Rien ne se faisait au hasard. Tout a un cycle. Il suffisait de se coordonner. Quand je suis arrivée en France, le regard a changé de mire. J’ai découvert le miroir et la fascination de l’image. Cette idée m’a beaucoup questionnée. C’est moi dans ce miroir ? Et tout ce monde qui n’en finit pas de se mirer. Quand il faudrait passer autant de temps à examiner son cœur. Mais là c’est une autre histoire.

 

Je reviens à ce rêve de grandir. Je crois que c’est à partir du collège, que ce rêve a changé de visage. J’avais bien sure atteint une certaine hauteur et bien sur de là où je me trouvais, je voyais le théâtre et son drame, se jouer. En tout cas, à cet étage, les affaires, la vie prémâchée, ça ne me donnait pas envie. Je voulais récupérer mon pouvoir d’auteur. J’aimais terriblement le neuf, le frais, l’inconnu. Ce que je trouve sublime c’est qu’à cet âge qui est supposé délicat pour le reste des gens sauf pour les principaux concernés, celui qui va vers l’adolescence, moi je le trouve audacieux, ce regard nouveau. Sans doute que du côté parent, pour certains, perdre contact ou même le contrôle provoquent la panique. Mais que la jeunesse vive et puisse se défaire comme elle le peut, des carcans d’une sclérose collective. A ce moment, le pourvoir d’écrire sa vie est récupéré. Enfin. A peine le stylo en main, la vie sous la peau palpite, elle s’anime.

 

 Bon évidemment dans mon cas, par mon éducation, je me tenais pas mal à carreaux. Mais j’ai réussi à m’extraire et à poser des cailloux pour ne jamais m’oublier. Pour reprendre mes rêves et en faire une marche vers moi-même, un pas chaque jour qui s’aime de lui-même. Cette éducation sévère donnée par mon père, c’est une bonne chose. Il ne peut en être autrement, le passé s’est produit avec ses effets. Avec un père et son passé militaire, la marche se faisait à la baguette, ça filait droit dans les chaumières, j’ai toujours adoré cette expression. Même l’amour, il nous l’a appris à la dure : interdiction formelle de se battre entre nous et les gros mots étaient bannis de notre bouche. L’entraide était de rigueur. Aimer, partager, ces préceptes n’étaient pas des options mais la règle, une véritable prescription. Je ne suis pas une religieuse, même si je respecte la croyance de chacun. J’ai acquis la connaissance par moi-même, elle me vient de mon être supérieur. Mais tout de même les apprentissages de l’islam, dont mon père avait à cœur de nous transmettre, ont ce quelque chose de bien profond. Aimer et respecter la terre et les hommes, voilà ce qu’il nous martelait. Même à notre arrivée en France, la première phrase-idée qui a sonnée et sonne toujours en moi est la suivante « aime et respecte cette terre, c’est une terre d’accueil ». Pourtant à mon arrivée, j’étais désemparée par le choc de l’immigration mais aimer restera mon crédo, ma clé.

 

Je sais que l’amour est le bien universel. Notre essence, notre source pour nous transformer. Se relier à lui est essentiel. Je ne parle pas de l’amour en tant qu’émotion, mais l’amour en tant qu’état. Un lieu de vie. A cet endroit, c'est le silence, le souverain. L'unique est vide. Dans cette immensité existe toutes les potentialités. L'amour, ce n’est pas une chose qui varie, cela ne correspond pas à nos perceptions humaines. Il est utile de quitter le savoir, les mots et d’aller voir là où va le regard et de goûter. Sentez-vous cela ? L’amour parle à cet endroit. Il n’est nullement question de « j’aime ou j’aime pas ». Je suis devant un lieu marécageux ou devant un arc en ciel merveilleux, l’amour se manifeste et se régale de ce qu’il voit. Le conflit cesse. La réconciliation vient de nous. Elle n’est nullement à trouver en dehors. S’en remettre au dehors est une peine, un suicide. On peut cesser de s’infliger une condamnation et peu à peu la tête, sortant de l’ombre, vivre sa lumière, son ascension.

 

 

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© Samira SOFI Psychologue spirituelle